A propos du projet

À l’école Chanterelle, la boucle est bouclée ! Les enfants utilisent les récoltes du potager pour confectionner leur repas du jeudi, tandis que les déchets de cuisine alimentent le compost, qui amène le terreau pour les jeunes plants.

Ce qui frappe lorsqu’on entre dans l’école Chanterelle, c’est le préau de la cour de récréation. Sur celui-ci, des dalles en bois conduisent à une série de bacs dans lesquels poussent des plantes aromatiques, des légumes et des fleurs. À quelques pas, un bac à compost attend l’arrivée des élèves chargés de l’alimenter en déchets organiques collectés dans les classes. Surplombant cette allée, un hôtel à insectes veille au grain.

À L’ORIGINE, UN PROJET D’ALIMENTATION SAINE

Bienvenue dans le jardin « haut perché » des 107 élèves de Chanterelle, une école d’enseignement spécialisé de type 2. « Le point de départ de tout cela, c’est une volonté de promouvoir une alimentation saine dans l’école », explique Dominique Streel, directrice de l’établissement.

En effet, depuis 2009, l’école Chanterelle et l’asbl Les Amis du Grain de Sel proposent aux élèves de suivre un atelier « cuisine », une fois par semaine. L’objectif ? Les sensibiliser aux légumes de saison et à la diversité de ceux-ci, mais aussi faire passer le message aux parents qu’il est possible de manger sain, pour « pas cher » (seulement 1,50 euros/repas). Pour organiser cet atelier, les professeurs ne sont pas seuls. Depuis trois ans, deux animatrices de l’asbl se rendent dans les classes, collaborent avec les professeurs et cuisinent avec les enfants une collation collective (ex : salade de fruits, etc.) et un plat complet (à base de légumes locaux et de saison).

AU FIL DES SAISONS, UN POTAGER

Au fil des ateliers, Dominique Streel a eu l’idée d’intégrer ceux-ci à une dynamique plus complète, en mettant en place un potager. Diverses questions se sont alors posées : « quels légumes peut-on faire pousser dans des bacs ?», « comment maintenir la motivation des enseignants, sachant que juillet et aout sont les moments clés d’un potager ? », etc.

Suite à un appel à projets de Bruxelles Environnement, l’école a bénéficié de l’appui de l’asbl Tournesol, non seulement pour l’aménagement de cet espace, mais aussi pour un soutien pédagogique et l’organisation d’animations avec les enfants. Car faire classe dehors change le travail habituel des enseignants !

Au programme, d’abord, des ateliers de plantation en classe, tels que des semis de légumes et d’aromates. Ensuite, de la patience, de l’observation et de l’attention, pour finalement obtenir de jeunes plants. Quelques enseignants se sont alors rendus avec leur groupe dans le jardin pour repiquer leurs courgettes jaunes et rondes, des boutures de coriandre, des plantes aromatiques…

Immergés dans ce petit coin de verdure, les élèves apprennent à tisser des liens entre les plantations et les plats qu’ils cuisinent. « Pédagogiquement, c’est une manière de créer du sens et de stimuler leurs cinq sens dans un cadre agréable », déclare Barbara, la logopède de l’école. Agglutinés autour d’une jardinière, les élèves, un peu réticents dans un premier temps, finissent par creuser dans la terre et répètent le nom des légumes qu’ils ont sous les yeux.

Demander de l’aide sous différentes formes : les bonnes idées de l’école Chanterelle ! 

  • L’asbl Les Amis du Grain de Sel pour des ateliers « cuisine » dans les écoles : http://lesamisdugraindesel.be 
  • Solidarcité pour des services rendus à la collectivité (ex : construire des bacs à plantes) par des jeunes en processus de réinsertion sociale : www.solidarcite.be
  • L’asbl Tournesol pour des animations « potager » dans les écoles : www.tournesolzonnebloem.com 
  • La Ferme Nos Pilifs, une entreprise de travail adapté, pour l’achat d’un hôtel à insectes ou tout autre matériel lié aux jardins et à la pépinière : www.fermenospilifs.be
  • L’appel à projets « Votre école pour l’environnement » de Bruxelles Environnement pour une aide financière et une offre pédagogique : www.environnement.brussels/ecoles > Appels à projets
  • Diverses fondations pour récolter des dons

AINSI QU’UN COMPOST, UNE CITERNE ETUN POULALLIER !

Curiosité, développement des sens et de l’autonomie… Ici, ce sont les élèves eux-mêmes qui amènent les déchets organiques de leur classe au compost, dont ils se serviront ensuite (une fois transformé en terreau) pour repiquer leurs plants. Quant à l’eau pour arroser ce jardin, elle est récoltée dans une citerne d’eau de pluie installée sur la passerelle.

Derrière, à l’ombre d’un arbre, un poulailler et deux poules ont également trouvé leur place. « Les élèves de maternelles ont besoin d’être en contact direct avec la nature, et les poules les y aident, car certains ont parfois des appréhensions qui disparaissent au fil du temps », explique la directrice.

BILAN APRÈS UN AN

A l’heure actuelle, ce sont surtout les deux classes de B3 (classe de « socialisation » ou d’éveil aux premiers apprentissages scolaires) qui développent des activités dans le potager. Prochain défi: faire tâche d’huile et sensibiliser les professeurs qui n’ont pas bénéficié des ateliers avec l’animateur.

Finalement, les clés du succès de ce projet global et cohérent se résument en peu de mots. Une directrice qui s’entoure et qui diversifie les aides auxquelles elle a recours (voir encadré), ainsi qu’une équipe pédagogique qui sort dehors avec sa classe, en faisant évoluer ses habitudes de travail, en s’impliquant, en construisant et en s’appropriant l’espace « jardin » durant ses cours. Bref, une envie de rendre la nature accessible aux élèves, de faciliter leur apprentissage et de leur offrir une bulle d’oxygène. Le tout avec de l’imagination… Quitte à les emmener sur le toit d’un préau !