A propos du projet

Pour des élèves en section technique, rien de tel que de se confronter au réel pour être évalués. C’est pourquoi leurs enseignants ont organisé une épreuve originale : les 6e ont présenté un projet concret et collectif à la Fête de l’Environnement. Esprit d’équipe, créativité, lucidité et débrouillardise au programme.

La formation de technicien en environnement existe depuis une dizaine d’années dans le programme de la Fédération Wallonie Bruxelles. Sur l’implantation uccloise de l’IMMI, elle en est à sa troisième année. Pour ces élèves, il est primordial de se trouver en situation d’intégration professionnellement significative. Cela passe par des stages pratiques. En 2014, c’est aussi passé par une épreuve de qualification originale, présentée au grand public lors de la Fête de l’Environnement.

L’IMMI dans 25 ans

Cette année 2014, la fête était basée sur le thème « Mon environnement dans 25 ans ». Alors 3 professeurs de pratique ont suggéré aux élèves de 6e de réaliser ensemble un projet imaginant l’IMMI dans un quart de siècle, en appliquant les principes du développement durable.

Tout a commencé après le congé de Pâques. Les élèves ont donc disposé de 5 semaines seulement pour tout mettre sur pied, à raison de 16 h par semaine. « C’était un bon timing », explique Mathieu Lemmens, professeur de pratique à l’origine du projet. « Ils revenaient de deux mois de stage et il aurait été difficile de les remettre à la théorie. Le concret, ça leur convient parfaitement. »

La classe compte 4 élèves. Sara, Paul, Dan et Yann ont œuvré ensemble sur un projet commun. Ils ont développé et vulgarisé des concepts théoriques autour de la mobilité, de l’alimentation…

Déroulement du travail

  1. Les élèves se sont réunis autour d’une séance de brainstorming. Ils y ont évoqué l’alimentation (cantine durable), l’isolation des bâtiments, le bien-être et la mobilité…).
  2. Ils ont ensuite mené une enquête au sein de l’école, auprès de leurs camarades, à l’aide de sondages, de graphiques… Le but étant d’analyser le comportement réel des étudiants.
  3. Ils ont réalisé une maquette de l’école avec leurs idées de réaménagement.
  4. Le quatuor a présenté le fruit de son travail, maquette à l’appui, au grand public lors de la Fête de l’Environnement.

UTOPIE ?

Au départ, il s’agissait de créer une utopie de l’école dans 25 ans. Mais lors de sa visite à la fête, la direction a été séduite par le projet des élèves. À tel point qu’elle ne l’a pas trouvé si utopique que ça ! Cette reconnaissance a beaucoup compté pour les élèves. De même que celle que le public leur a témoignée :

      « Ça change de nos autres examens, cet aspect social. » (Dan)

      « Les gens nous félicitaient. » (Yan)

      « Ça faisait plaisir de voir qu’on avant abouti à quelque chose de bien. » (Paul)

Et le stress, dans tout ça ? Ce n’est pas rien de présenter un projet personnel à des inconnus. Pour les élèves, si la nervosité était bel et bien palpable en début de journée, elle s’est rapidement estompée. « Une fois lancés, ça a été », explique Yan. « Les gens n’avaient pas d’attentes, ils avaient juste de l’intérêt. » Pour Sara, c’était « bien mieux qu’un examen devant les profs, beaucoup moins stressant. » Les jeunes ont même réussi à improviser après avoir oublié certains documents explicatifs.

Pour remercier les visiteurs qui prenaient le temps d’écouter la présentation et les motiver à donner une cote, les élèves distribuaient des plans de tomate. Les jeunes pousses ont rencontré un franc succès.

UN INVESTISSEMENT PERSONNEL A 200 %…

Imaginer et réaliser un projet, qui plus est collectif, en à peine 5 semaine, le défi nécessitait de se retrousser les manches. Mathieu Lemmens se réjouit : « c’était très agréable de les voir travailler. Ils ont été très participatifs. Ils sont restés les mercredis et vendredis après les cours et ont même demandé à venir le dernier samedi. » Si ça ce n’est pas de l’investissement !

Les élèves ont par ailleurs fait preuve d’autonomie. Paul explique : « la répartition du travail ne s’est pas faite facilement au début car les professeurs nous ont laissé faire. On nous a laissés tout imaginer avec notre créativité et c’était la principale difficulté. »

… ET UNE FIERTE A L’AVENANT

« On a travaillé en équipe et on était contents d’avoir ce résultat après un mois d’investissement. On ne s’en rendait pas compte sur le coup mais le public avait plus de recul et ça faisait plaisir de voir qu’on avait abouti à quelque chose de bien. » (Paul)

« Les gens nous félicitaient ! » (Yan)

« Avec le temps qu’on avait, on s’est bien débrouillé. » (Dan)

« Certaines personnes nous ont dit qu’elles auraient aimé suivre cette formation si elle avait existé à leur époque. » (Dan)

Mathieu Lemmens était lui aussi ravi de la collaboration et de voir que ses élèves se félicitaient entre eux.

Décidément, en matière de valorisation, de concrétisation et d’encouragement, il n’y a pas de comparaison avec un examen classique.

Les forces du projet…

  • La cohésion du groupe.
  • L’implication des élèves.
  • Le soutien de la direction.
  • L’intérêt du public.

… et les points à surveiller

  • L’échéance (à rappeler régulièrement pour s’assurer de l’avancement du travail).
  • Le bilinguisme : les élèves se sont trouvés face à des visiteurs néerlandophones, il fallait pouvoir communiquer. Le vocabulaire technique mérite d’être vu au cours de Néerlandais.
  • La coordination, qui peut prendre du temps à se mettre en place.

ET SI C’ETAIT A REFAIRE ?

« Avec grand plaisir ! » Affirment en chœur l’enseignant et ses élèves. Par ailleurs, l’idée est particulièrement pertinente car, comme le reconnaît Paul, « c’est un projet qui concerne tout le monde. » « On a aussi touché à des aspects que l’on ne voit pas lors d’évaluations classiques », ajoute Mathieu Lemmens. « Cela les amènera à se poser de nouvelles questions, j’espère, comme par exemple ‘est-ce que j’aime communiquer ?’ »

Yan termine : « C’est la première fois pour nous et pour les profs et on s’en est bien sortis. Il y a des choses à améliorer. C’est bien de savoir qu’on pourra le faire ». Autrement dit, les futurs diplômés sont prêts à passer le flambeau à la classe inférieure et sont ravis à l’idée de partager leurs trucs et astuces. Une belle solidarité en somme.

Depuis la rue, impossible de manquer la spécialisation technique de l’IMMI