L’éco-conso : du bon sens à la coopération – Ecole des Eburons

Acheter en gros, grouper les commandes, privilégier la mise en commun du matériel… Petit tour d’horizon des « bonnes pratiques » de l’école des Eburons. Et qui ne coûtent rien !

«J’ai récupéré tous ces bouchons », explique une institutrice, en tendant un sac à sa collègue. Bienvenue entre les murs de l’école maternelle des Eburons ! Ici, la récupération, le prêt et la mise en commun font partie du quotidien… Dans cet établissement, pas de « projet éco-consommation » en tant que tel, mais des pratiques qui sont nées au cours du temps et qui ont été systématisées par la directrice de l’établissement.

« Au départ, nous nous sommes regroupées par souci d’économie et chemin faisant, nous avons remarqué que nous posions des gestes pour la planète », explique Valérie Ferrer, directrice depuis un an. Jeune, dynamique et psychologue, elle a été institutrice pendant douze ans et connaît bien les besoins de son équipe. À son entrée comme directrice, elle n’a donc pas imposé de « projet », mais est partie de son vécu et de la dynamique existante, pour proposer quelques aménagements qui ne coûtent rien, mais qui changent la vie !

ORGANISER L’ESPACE POUR METTRE EN COMMUN

Première chose qui frappe en entrant dans l’école : des bacs de récupération fleurissent et se succèdent dans les couloirs menant aux classes. Sur ces boîtes, des étiquettes sur lesquelles on peut lire : revues, boîtes de fromage, pots en verre,bouchons… Durant les cours, les professeurs n’ont qu’à franchir le seuil de leur classe pour puiser le matériel dont ils ont besoin.
« Nous avons appris à utiliser l’espace de façon collective », explique Valérie Ferrer. Dans une seule pièce, appelée la BCD (ou « Bibliothèque centre de documentation ») les instruments de musique, les livres et les jeux de société reposent sur des étagères et sont classés par classe d’âge.

« L’avantage, c’est que les professeurs ne les gardent pas dans leur classe, mais les empruntent et les remettent dans cette pièce », explique la directrice. En outre, pour faciliter les échanges entre eux, ils indiquent systématiquement leur nom, le titre du livre ou du jeu emprunté, la date de sortie (voire de rentrée). Grâce à ce système, la directrice peut privilégier l’achat de jeux différents plutôt que d’exemplaires identiques (qui seraient réparti dans chaque classe).

ACHETER AUTREMENT : GROUPÉ ET EN GROS

Autre piste explorée : « développer une réflexion au moment d’acheter ». Au centre de la dynamique, Micheline (appelée aussi « Madame Récup’ ») et Valérie Ferrer. La première dresse l’inventaire des besoins des professeurs et lorsque l’école ne dispose pas du matériel nécessaire, elle transmet une liste à la directrice qui émet un bon de commande sur base des différents besoins communiqués par l’équipe.
L’objectif ? Éviter que les professeurs effectuent eux-mêmes ces achats « plus spécifiques », voire « à la pièce », qui au final reviennent plus chers s’ils sont achetés séparément, et ne profitent qu’à une seule classe.

« Précédemment, chaque professeur faisait beaucoup de petits trajets pour aller acheter ce qui lui manquait les mercredis après-midi », se souvient Manuella Roelandt, institutrice en maternelle supérieure. En passant directement leur commande auprès de la directrice, les professeurs permettent à l’école de bénéficier de prix de gros, perdent moins de temps, évitent des déplacements individuels en voiture et diversifient le matériel qu’ils conservent en classe. De son côté, Valérie Ferrer prend le temps de comparer les étiquettes, les offres et les prix. Ainsi, à certains moments de l’année, elle privilégie les réductions et les bons plans.

STOCKER MOINS POUR JETER MOINS

En outre, cette façon de fonctionner permet à l’école d’acheter du matériel en quantité raisonnable et d’éviter de constituer un stock inutile. Le mois dernier, Valérie Ferrer a par exemple passé les commandes de la fête des mères et des pères au même moment. « Cette façon de fonctionner m’a permis de m’apercevoir que tous les professeurs souhaitaient de la peinture à tissu : je n’ai donc commandé que quelques tubes qu’ils se sont répartis. »

Ainsi, les professeurs se coordonnent et communiquent entre eux pour utiliser ce matériel mis en commun et éviter qu’en juin, l’école ne se retrouve avec des restes de peinture qui passeraient à la poubelle.

A l’école des Eburons, l’éco-conso passe aussi par l’alimentation !

Depuis septembre 2012, l’école des Eburons participe au projet « alimentation durable » de Bruxelles Environnement. Durant la collation, plus de berlingots, mais de l’eau ; plus de choco sur les tartines, mais de la confiture achetée « en gros » ; de la soupe, des fruits et des légumes coupés en petits morceaux… En outre, une classe pilote redécouvre les anciens légumes et cuisine son yaourt !

PRIVILÉGIER LE MATÉRIEL DURABLE

Au final, les économies engendrées ici permettent à l’école de privilégier quelques achats de matériel de qualité. En juin dernier, les 3e maternelles ont reçu un plumier « éthique ». « C’était une fin de série que nous avons achetée dans la centrale d’achats d’Oxfam car les magasins n’avaient pas écoulé leur stock », explique la directrice.

En outre, les professeurs mettent à disposition de leurs élèves des pinceaux en bois non coloré et non verni et des lattes en bois non verni. Au lieu d’acheter des centaines de pots de colle individuels, l’école privilégie la fabrication de celle-ci (à base d’eau) et les professeurs la repartissent dans des récipients réutilisables. Quant aux marqueurs, ils appartiennent aux élèves. « Ainsi, ils apprennent à prendre soin de leur matériel », explique Manuela Roelandt.

VALORISER LA RÉCUPÉRATION

Si l’école achète intelligemment, elle ne néglige pas pour autant la récupération. L’objectif ? Donner une seconde vie aux livres et aux jeux glanés sur les brocantes, mais aussi à divers objets récupérés qui seront offerts lors d’une tombola de fin d’année. « Outre les aspects économiques, nous trouvons la démarche intéressante d’un point de vue pédagogique car les enfants apprennent à valoriser des objets qui passeraient à la poubelle », explique Valérie Ferrer.

Autres filons pour limiter le gaspillage des matières premières : l’utilisation systématique des recto-verso des feuilles et dans la mesure du possible l’achat de fournitures en vrac pour éviter les emballages.

 

LES CLÉS DE LA RÉUSSITE

La recette de l’école pour mettre en place ces bonnes pratiques ? Elle est simple ! Le respect de chacun dans sa façon de fonctionner et une directrice qui prend le temps d’être à l’écoute,afin de construire et de renforcer les liens au sein de l’équipe pédagogique. « Conclusion, l’équipe se connaît bien, mange ensemble et se réunit régulièrement Une confiance mutuelle se développe et la communication se fait naturellement. »

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