A propos du projet

En 2010, cette école ixelloise s’est lancée le défi de diminuer sa production de déchets. Un an après, de nombreux projets ont vu le jour et une sensibilisation des différents aspects du développement durable s’est généralisée dans l’école.

LEUR DEFI

Un écoteam hyper motivé, qu’il faut parfois recentrer pour que ça ne parte pas dans tous les sens, une école à taille humaine : de bons ingrédients pour réussir un défi « Moins de déchets ».

QUELQUES ACTIONS REALISEES

1. Panneaux d’impression recto/verso près des imprimantes

2. Réalisation d’un éco-carte de la gestion des déchets dans l’école

3. Installation de bacs à brouillon dans toutes les classes

4. Repas de classe « sans déchet »

5. Participation au Pack Animation de Bruxelles-Propreté

C’EST L’OCCASION QUI FAIT LE LARON

Réduire la production de déchets est une priorité régionale. Aussi, Bruxelles Environnement a chargé la société Groupe One d’accompagner 5 écoles secondaires pour développer des projets alliant sensibilisation et actions concrètes. Un appel à participation a été lancé et Monsieur Maréchal, le directeur a proposé aux professeurs intéressés de se lancer dans le projet. Madame Ben Ayad, professeur de sciences dans le degré supérieur, et Madame Halbart, professeur d’éducation du milieu dans le degré inférieur, ont su prendre la balle au bond pour profiter d’un accompagnement professionnel et développer un projet d’environnement au sein de l’école. “Je voulais pouvoir agir pour l’environnement. Cet appel à participation a été le coup de pouce pour concrétiser cette envie”, justifie Mme Ben Ayad.

L’ÉCOTEAM

Pour mener le projet, deux professeurs et deux classes ont rassemblé leur énergie et créé un écoteam. Décider des actions à mettre en place dans l’école et de la manière dont seraient sensibilisés les autres élèves de l’école était l’étape suivante. “L’écoteam était très motivé et voulait mettre en place énormément de choses: en tant qu’accompagnateur, j’ai donc du jouer un rôle de modérateur par moments afin de calmer cette ardeur pour pouvoir mettre concrètement en place quelques actions phares”, nous rapporte Pierre Léger, accompagnateur du projet pour Groupe One.

LA COMMUNICATION PÉDAGOGIQUE AU SERVICE DE L’ENVIRONNEMENT

Voici la recette de la communication pédagogique à la sauce Saint-Vincent de Paul qui procède en deux étapes: “Tout d’abord, nous avons dû apprendre aux élèves de nos deux classes, les concepts clés de l’environnement mais également leur expliquer toute la chaîne de production et les déchets qu’un produit génère depuis sa création jusqu’au traitement après avoir été jeté. Il n’y avait pas de prise de conscience chez les élèves des conséquences des déchets à tous les niveaux”, explique Mme Ben Ayad. Et cet apprentissage s’est fait via quelques animations dirigées par Groupe One. “C’est agréable d’avoir des animations. Les élèves réagissent mieux quand ce ne sont pas leurs professeurs qui leur exposent la problématique”, nous confie Mme Halbart.

Après cet éclairage, les élèves de l’écoteam ont approfondi la réflexion, réfléchi à des solutions et préparé des présentations de la problématique des déchets qu’ils ont exposé aux différents professeurs de l’école ainsi qu’à la direction. Les professeurs voulaient développer l’esprit critique de leurs élèves… pari réussi! “Un moment fort du projet est sans conteste les présentations des élèves aux autres professeurs et à la direction. J’avais donné une consigne de 10 minutes, mais la première présentation a duré plus du double. Les élèves et aussi les adultes étaient tellement attentifs et curieux des résultats présentés que je ne suis pas intervenu. Pour les deux réunions suivantes, les élèves ont mieux structurés leur intervention et j’ai pu respecter l’ordre du jour que nous avions programmé”, témoigne Pierre Léger.

UN BON EXEMPLE DE TRANSVERSALITE

Le défi est aussi une occasion d’allier cours et sensibilisation à l’environnement. “Je voulais déjà aborder les différentes thématiques environnementales pendant le cours d’EDM dans le degré inférieur mais je ne savais pas comment faire”, explique Mme Halbart. Comment parler de réduction des déchets dans des cours d’informatique, de français ou de sciences? Les professeurs en ont discuté ensemble et chacun à sa manière a articulé son cours en rapport avec le défi. C’est comme cela que les élèves ont pu mener des recherches sur les déchets pendant le cours d’EDM et le cours d’informatique a permis de mettre en page sur power point la présentation qu’ils allaient faire aux profs et aux élèves

A TABLE… SANS DECHETS

Comment réaliser un dîner de classe sans déchets? L’école Saint Vincent de Paul a relevé le défi en organisant son traditionnel repas de classe en une dégustation sans déchets. Les élèves, presque tous charmés par l’idée, sont arrivés avec des plats préparés à la maison et chacun dans son tupperware. A la fin de la journée, un véritable engouement s’est fait ressentir et tout le monde en redemande. Et pourquoi pas organiser ce genre d’initiatives plusieurs fois par an? L’idée est en tout cas lancée… Et même si l’accompagnement de l’école dans le cadre du défi est terminé, une nouvelle journée environnement est organisée dans l’école. Au programme : exposition des rhétos sur les déchets et un nouveau repas sans déchets et durable. “C’est la classe de Mme Ben Ayad qui organise la journée pour toute l’école. Avec les élèves du premier degré, c’est plus compliqué d’organiser des actions pour toute l’école: ils sont impressionnés par les élèves de rhéto et ils n’ont pas l’habitude de parler en public. Je mets donc en place des petites choses pratiques en partant d’eux: ce sont de petites actions qui leur parle et qui peuvent avoir des répercussions au niveau de l’école”, témoigne Mme Halbart.

ET CONCRETEMENT…

Comment passer d’une palette de papier en 4 mois à une palette en 7 mois ? Des actions simples y ont contribué : placer des posters recto-verso au-dessus des imprimantes ; installation de bacs de brouillon dans les classes. Et pour des réalisations plus matérielles, l’idée d’acquérir des fontaines à eau à installer dans les couloirs et cours de récréation trottent dans la tête des élèves. Ce projet a été inscrit au Plan d’action, et on verra si ce matériel est financé. Cela permettrait de réduire la quantité d’emballages de boisson et en plus, de l’eau de ville, c’est moins cher pour les élèves.

LES CLÉS DU SUCCÈS

Comment expliquer cet engouement pour ce projet et la motivation de tout le monde ? L’écoteam l’explique par l’implication et le soutien de la direction ; la taille humaine de l’école qui permet collaboration et communication entre les professeurs et enfin, une vraie volonté de l’école de développer l’esprit critique et d’analyse des élèves. Et pour aller plus loin, quelques élèves se sont engagés à jouer leur rôle citoyen en s’engageant dans le Parlement des Jeunes Bruxellois pour l’Environnement. “Ca n’est pas toujours facile de tirer un projet, il m’arrive de prendre sur mes congés pour préparer telle ou telle activité, mais je sais pourquoi je le fais : pour que les jeunes qui vont gouverner demain soient sensibilisés”, conclut Mme Ben Ayad. Une réelle motivation, de bons contacts entre les professeurs et un accompagnement de l’école permet à tous de porter le projet. “C’est chouette d’avoir bénéfécié d’un accompagnement. On ne sait pas toujours ce qu’on peut faire et comment mettre en oeuvre ces thématiques en classe. Aujourd’hui, c’est plus facile: on sait comment s’y prendre”, conclut Mme Halbart.

Sans oublier que l’école Saint-Vincent de Paul va faire l’objet d’une valorisation de son implication dans la campagne “Effet de jeunes contre effet de serre”: les élèves de rhéto ont décidé eux-mêmes de prendre en charge la sensibilisation des autres élèves sur l’utilisation rationnelle de l’énergie et de ses conséquences sur le climat. Le défi “Moins de déchets” fonctionne et permet aux élèves de s’ouvrir à d’autres problématiques environnementales.